Je vous appelle mes amis




Le Christ et l’abbé Ména, 700 / 799, musée du Louvre

Icône copte

Les deux personnages sont présentés de face devant un paysage de désert montagneux.

Le Christ

La tête du Christ est plus grande que celle du moine. Son nom est inscrit : « Sôter », Sauveur en grec. Il est donc représenté en gloire, dans sa dignité de Fils de Dieu, Sauveur du monde, et pourtant il est Jésus de Nazareth, homme semblable en humanité à l’abbé Mena.

Son visage est doux, le regard fixe devant lui comme s’adressant au spectateur de l’icône.

Il pose sa main sur l’épaule de son ami, geste de protection et de fraternité.

Il tient de l’autre main le Livre de la Parole décoré de pierres précieuses comme un Pantocrator représenté dans les absides des églises byzantines.

l’Abbé Ména


C’est l’abbé Mena qui fait le signe de bénédiction, prolongeant le geste de Jésus. Il tient dans l’autre main le rouleau, sans doute la règle du monastère dont Mena est le supérieur, ce qui est inscrit au-dessus de lui : « Père Mena, abbé ». Il dégage aussi une impression de douce bonté.

La douceur du paysage

Cette douceur est en outre mise en valeur  par le calme du paysage tout en courbes qui se dessinent derrière les deux hommes dans une atmosphère de soleil couchant 

La relation intime des deux personnages montre une amitié par laquelle le Christ partage et confie une mission à son fidèle serviteur qu’il a appelé à de hautes fonctions.


Lecture de l’évangile selon saint Jean (Jn 15, 9-17)

Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour.

Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme moi, j’ai gardé les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour.

Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite.

Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés.

Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime.

Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande.

Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître.

Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et établis, afin que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure. Alors, tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera.

Voici ce que je vous commande : c’est de vous aimer les uns les autres.

(Jn 15, 9-17)

Demeurer dans son amour

Jésus nous convie à demeurer dans son amour, demeurer, rester stable dans notre lien avec lui, comme le lien entre lui et son Père est infiniment stable.

Demeurer évoque aussi un lieu où on habite, la maison, demeurer dans la maison du Père. Mais de cette maison Jésus envoie les apôtres annoncer à d’autres le don merveilleux qui leur est fait « afin que vous alliez et que votre fruit demeure ». Le fruit, c’est l’offre faite à tous de devenir demeure de l’amour de Dieu.

Nous aimer les uns les autres




Jésus nous traite d’amis et nous commande de l’aimer, de nous aimer les uns les autres, « il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime », c’est ce qui l’a conduit à la Croix. Il s’agit bien d’une exigence si difficile à notre niveau humain qu’elle risque de nous mener au désespoir. Mais le texte grec dit : « déposer sa vie » en signe d’amour et de service : chacun peut commencer à abandonner son égoïsme et le souci de soi pour se mettre au service d’autrui.

Jésus nous appelle ses amis

Jésus nous appelle ses amis, et non pas esclave ou serviteur. L’amour le plus grand, celui qui unit le Père et le Fils, est d’abord service, faire passer l’autre devant soi, pour se mettre à l’écoute de l’autre .

Programme bien irréalisable à notre échelle humaine, alors Jésus envoie son Esprit pour nous apprendre à aimer.

Recevez notre newsletter

Saisissez votre adresse e-mail ci-dessous et abonnez-vous à notre newsletter

S'inscrire à nos prochains cours en ligne