En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France
800 ans après Greccio

Fresque de Giotto de la basilique basilique saint François
Le CETAD propose de cheminer vers Noël avec François d’Assise
Il y a 800 ans, revenant de Terre Sainte, il voulut reconstituer la naissance de Jésus à Greccio (région de Rieti), village qui lui rappelait Bethléem.
Le désir de la paix est aujourd’hui criant. Préparons nous à accueillir le Prince de la paix, il sera l’arbitre de nations dont le prophète prédit : « De leurs épées, ils forgeront des socs, et de leurs lances, des faucilles. Jamais nation contre nation ne lèvera l’épée ; ils n’apprendront plus la guerre. Chacun pourra s’asseoir sous sa vigne et son figuier, et personne pour l’inquiéter. » (Mi 4, 3-4).
Apprenons à être des artisans de paix, en nous, autour de nous.
Nous méditerons la prière de François d’Assise avec les fresques de Giotto de la basilique basilique saint François :
« Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix,
Là où est la haine, que je mette l’amour.
Là où est l’offense, que je mette le pardon.
Là où est la discorde, que je mette l’union.
Là où est l’erreur, que je mette la vérité.
Là où est le doute, que je mette la foi.
Là où est le désespoir, que je mette l’espérance.
Là où sont les ténèbres, que je mette la lumière.
Là où est la tristesse, que je mette la joie.
O Seigneur, que je ne cherche pas tant à
être consolé qu’à consoler,
à être compris qu’à comprendre,
à être aimé qu’à aimer.
Car c’est en se donnant qu’on reçoit,
c’est en s’oubliant qu’on se retrouve,
c’est en pardonnant qu’on est pardonné,
c’est en mourant qu’on ressuscite à l’éternelle vie. »
Giotto, 1266/7-1337, fresque de la vie de François d’Assise, le miracle de la source, basilique de François d’Assise, fin 13e
Tous les murs de l’église supérieure de la basilique François d’Assise sont couverts de fresques. Dans la nef, la registre inférieur est entièrement occupé par le cycle de fresques que Giotto, en 1295-1300, consacra à st François. Saint Bonaventure avait écrit la Legenda Major, écrit relatant l’histoire de saint François. Giotto en tira 28 scènes, nous en regarderons quelques unes pendant ce temps de l’avent.
Le miracle de la source :
« Une autre fois, l’homme de Dieu voulant se retirer dans un ermitage pour s’adonner plus librement à la contemplation, dut, – car il était à bout de forces, – se faire conduire à dos d’âne. On était alors en été, et son guide, qui gravissait à pied la montagne à la suite du serviteur du Christ, n’en pouvant plus de fatigue et de soif en ce chemin long et accidenté, se mit à crier avec véhémence à l’adresse du saint : « Je vais mourir de soif si je n’ai pas tout de suite de quoi boire ! »
Sans perdre un instant, l’homme de Dieu descend de son âne, se met à genoux, lève les mains vers le ciel et ne s’arrête de prier que lorsqu’il se sent exaucé ; il s’adresse alors à l’homme : « Cours à ce rocher : tu y trouveras une source que le Christ, dans sa bonté, vient de faire jaillir de la pierre pour que tu puisses boire. »
Admirable condescendance de Dieu qui se laisse si volontiers fléchir par ses serviteurs : un homme assoiffé a pu boire d’une eau jaillie du roc par la vertu d’un saint en prière et c’est un rocher très dur qui lui fournit de quoi se rafraîchir. Il n’y avait pas un filet d’eau en cet endroit auparavant, et on eut beau chercher, on n’en trouva plus trace dans la suite. »
Legenda Major 7,12
Le texte biblique
Aujourd’hui 3 décembre la liturgie offre le lire le livre d’Isaïe (Is 63, 16b-17.19b ; 64, 2b-7)
C’est toi, Seigneur, notre père ;
« Notre-rédempteur-depuis-toujours », tel est ton nom.
Pourquoi, Seigneur, nous laisses-tu errer
hors de tes chemins ?
Pourquoi laisser nos cœurs s’endurcir
et ne plus te craindre ?
Reviens, à cause de tes serviteurs,
des tribus de ton héritage.
Ah ! Si tu déchirais les cieux, si tu descendais,
les montagnes seraient ébranlées devant ta face.
Voici que tu es descendu :
les montagnes furent ébranlées devant ta face.
Jamais on n’a entendu,
jamais on n’a ouï dire,
nul œil n’a jamais vu un autre dieu que toi
agir ainsi pour celui qui l’attend.
Tu viens rencontrer
celui qui pratique avec joie la justice,
qui se souvient de toi
en suivant tes chemins.
Tu étais irrité, mais nous avons encore péché,
et nous nous sommes égarés.
Tous, nous étions comme des gens impurs,
et tous nos actes justes n’étaient que linges souillés.
Tous, nous étions desséchés comme des feuilles,
et nos fautes, comme le vent, nous emportaient.
Personne n’invoque plus ton nom,
nul ne se réveille pour prendre appui sur toi.
Car tu nous as caché ton visage,
tu nous as livrés au pouvoir de nos fautes.
Mais maintenant, Seigneur, c’est toi notre père.
Nous sommes l’argile, c’est toi qui nous façonnes :
nous sommes tous l’ouvrage de ta main.
(Is 63, 16b-17.19b ; 64, 2b-7)
Commentaires
Dieu sauve après la souffrance
Le prophète confesse Dieu comme père, rédempteur, celui qui libère et rachète le peuple tombé dans l’esclavage.
Le peuple reconnaît Dieu comme sa seule source de vie, son Père depuis toujours.
Il crie la souffrance qu’il a connue pendant l’exil. Parler des cieux fermés, c’est évoquer le redoutable silence de Dieu.
L’homme répond par sa confession de foi
Mais Dieu est descendu, il veille, il exauce, il agit. La réponse est la confession de foi ; la reconnaissance jaillit, et avec elle la joie.
Le salut, c’est d’être remis sur le chemin par Dieu lui-même.
Redire que Dieu est Père, c’est dire que Dieu ouvre le passage vers le salut, et que nous pouvons avoir une confiance radicale en ce Dieu sauveur.
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