La Visitation




Odilon Redon, 1840-1916, La Visitation, vers 1895, Paris, musée d’Orsay

Odilon Redon

Odilon Redon est un peintre symbolique français de la fin du 19e siècle. Il a créé un univers étrange et fantastique, cherchant à sonder les profondeurs du rêve et de l’âme humaine.

Il a réalisé plusieurs œuvres religieuses dont le Christ en croix (1905) du musée d’Orsay et cette Visitation. Exécutée au pastel, l’œuvre aux douces tonalités est déchargée de tout décor ou artifice, afin de se concentrer sur l’émotion de la rencontre des deux femmes.

Après avoir créé un univers étrange marqué par des sujets d’imagination monochromes noirs, Odilon Redon éprouve le besoin de plus de lumière et se tourne vers la couleur, disant lui-même « j’ai épousé la couleur ».

La Visitation

Cette Visitation représente deux femmes, sujet assez fréquent chez Odilon Redon qui a réalisé une série de peintures sur le thème de la rencontre et du dialogue.

A première vue la scène ne correspond pas exactement au récit évangélique de la Visitation telle que rapportée par Luc dans son évangile. Simple rencontre entre les deux femmes lors de la venue de Marie chez sa cousine Elisabeth avant la naissance de Jean Baptiste.

Marie et Elizabeth

Elles sont de profil, les yeux clos.

A gauche Elisabeth, plus âgée, est drapée d’un long voile par dessus une robe d’un orange intense.

Marie, dont la jeunesse est symbolisée par une longue chevelure blonde, est vêtue d’une robe rose ; la tête baissée prend un air de soumission dans l’expression de son visage.

Les couleurs des robes dialoguent ensemble et se détachent du fond bleu fait de camaïeux allant du lapis-lazuli au lilas.

Les mains entrelacées traduisent le destin commun de ces deux femmes visitées par l’Esprit Saint pour le salut de l’humanité, ce que semble confirmer Elisabeth de sa main droite.




Voici mon bien-aimé qui vient

ELLE
La voix de mon bien-aimé ! C’est lui, il vient… Il bondit sur les montagnes, il court sur les collines,
 mon bien-aimé, pareil à la gazelle, au faon de la biche. Le voici, c’est lui qui se tient derrière notre mur : il regarde aux fenêtres, guette par le treillage.
 Il parle, mon bien-aimé, il me dit :
[LUI] Lève-toi, mon amie, ma toute belle, et viens…
Vois, l’hiver s’en est allé, les pluies ont cessé, elles se sont enfuies.
 Sur la terre apparaissent les fleurs, le temps des chansons est venu et la voix de la tourterelle s’entend sur notre terre.
Le figuier a formé ses premiers fruits, la vigne fleurie exhale sa bonne odeur. Lève-toi, mon amie, ma toute belle, et viens…
Ma colombe, dans les fentes du rocher, dans les retraites escarpées, que je voie ton visage, que j’entende ta voix ! Ta voix est douce, et ton visage, charmant.
 ELLE
Pose-moi comme un sceau sur ton cœur, comme un sceau sur ton bras.
CHŒUR
Car l’amour est fort comme la Mort, la passion, implacable comme l’Abîme : ses flammes sont des flammes de feu, fournaise divine.
 Les grandes eaux ne pourront éteindre l’amour, ni les fleuves l’emporter. Un homme donnerait-il toutes les richesses de sa maison pour acheter l’amour, il ne recueillerait que mépris.

(Ct 2, 8-14 ; 8, 6-7)

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