Le sang de l’agneau




Francisco de Zurbaran, 1598-1664), Agnus Dei, 1635/1640, musée du Prado

Francisco de Zurbaran

Le peintre espagnol de la Contre Reforme, 17e siècle, Francisco de Zurbaran a réalisé plusieurs versions (au moins 5) de ce thème de l’agneau.

Cette version du Prado est reconnue comme la plus aboutie car elle allie la maîtrise technique, la description, l’expressivité et l’émotion.

L’agneau

Sur un fond sombre et une table grise est représenté un agneau merinos âgé de 8 à 12 mois. Il parait encore vivant, les pattes liées dans une posture de sacrifice.

La lumière est très calculée créant de larges zones d’ombre autour de l’agneau qui irradie la lumière Il attire le regard sur l’agneau qui semble accepter docilement son destin tragique.

Ses cornes dorées semblent retomber, comme ses oreilles, seuls signes discrets de désolation que le regard voilé et lointain vient confirmer.

Son museau est indiqué par la seule tache de chair rose.

Image du Christ seul

L’agneau est seul, résigné, il attend son heure proche, image du Christ seul, abandonné de tous, tel le Serviteur souffrant d’Isaïe. Mais il irradie une douce lumière que rien ne peut éteindre.


Lecture de la première lettre de Pierre (1 P 1, 18-25)

Bien-aimés,
vous le savez : ce n’est pas par des biens corruptibles,
l’argent ou l’or, que vous avez été rachetés
de la conduite superficielle héritée de vos pères ;
mais c’est par un sang précieux,
celui d’un agneau sans défaut et sans tache, le Christ.
Dès avant la fondation du monde,
Dieu l’avait désigné d’avance
et il l’a manifesté à la fin des temps à cause de vous.

C’est bien par lui que vous croyez en Dieu,
qui l’a ressuscité d’entre les morts
et qui lui a donné la gloire ;
ainsi vous mettez votre foi et votre espérance en Dieu.
En obéissant à la vérité, vous avez purifié vos âmes
pour vous aimer sincèrement comme des frères ;
aussi, d’un cœur pur,
aimez-vous intensément les uns les autres,
car Dieu vous a fait renaître,
non pas d’une semence périssable,
mais d’une semence impérissable :
sa parole vivante qui demeure.
C’est pourquoi il est écrit :
Toute chair est comme l’herbe,
toute sa gloire, comme l’herbe en fleur ;
l’herbe se dessèche et la fleur tombe,
mais la parole du Seigneur demeure pour toujours.
Or, cette parole est celle de la Bonne Nouvelle qui vous a été annoncée.

(1 P 1, 18-25)

Commentaire

Le salut promis

Il s’agit ici du salut promis aux hommes, Pierre l’exprime à l’aide d’images tirées de l’Exode: le rachat, la libération et le sang précieux d’un agneau.

Le sang de l’agneau

Le texte renvoie au sang de l’agneau pascal (Ex 12,5 : “Ce sera une bête sans défaut, un mâle, de l’année”), dont la marque sur les portes sauve les israélites de la mort.

L’auteur évoque aussi le sang versé pour le sacrifice de l’Alliance.

C’est le Christ Jésus qui accomplit toutes ces figures passées, en mourant sur la croix obtient le pardon de Dieu et scelle une Alliance nouvelle.

Selon la tradition juive le sang de l’agneau était prévu par Dieu de toute éternité.

Le salut offert passe par la venue du Christ, par sa vie livrée et ressuscitée, pour que les hommes renaissent à cette vie nouvelle.

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