En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France
La tempête apaisée

Eugène Delacroix 1788-1863, Le Christ sur le lac de Généraseth, vers 1853, Metrpolitan Museum of art
Delacroix
Delacroix a peint au moins 6 versions de ce sujet dramatique raconté par les trois évangiles synoptiques.
Ce sujet avait connu un grand succès dans la peinture maniériste et baroque.
Jésus dort
Ici, Delacroix retient le moment où Jésus dort, une main appuyée sous sa tête auréolée, encore insouciant du danger alors que les disciples sont terrorisés dans l’esquif qui prend l’eau de toutes parts.
le drame
La ligne d’horizon est placée très haut et enferme les personnages dans l’immanence des eaux déchaînées, ce qui renforce l’atmosphère dramatique.
Vue en surplomb, l’embarcation se déploie en oblique sur la toile.
Delacroix supprime le mât du bateau, le suggérant par deux hommes, l’un les bras levés, l’autre portant un manteau flottant comme une voile.
Les rameurs
Les rameurs, torse nu, luttent contre les vagues, impuissants
Jésus assoupi, enroulé dans sa tunique bleue, est à l’arrière du bateau près du gouvernail
Lecture du livre de l’évangile selon saint Marc (Mc 4, 35-41)
Ce jour-là, le soir venu, Jésus dit à ses disciples :
« Passons sur l’autre rive. »
Quittant la foule, ils emmenèrent Jésus, comme il était,
dans la barque,
et d’autres barques l’accompagnaient.
Survient une violente tempête.
Les vagues se jetaient sur la barque,
si bien que déjà elle se remplissait.
Lui dormait sur le coussin à l’arrière.
Les disciples le réveillent et lui disent :
« Maître, nous sommes perdus ;
cela ne te fait rien ? »
Réveillé, il menaça le vent et dit à la mer :
« Silence, tais-toi ! »
Le vent tomba,
et il se fit un grand calme.
Jésus leur dit :
« Pourquoi êtes-vous si craintifs ?
N’avez-vous pas encore la foi ? »
Saisis d’une grande crainte,
ils se disaient entre eux :
« Qui est-il donc, celui-ci,
pour que même le vent et la mer lui obéissent ? »
(Mc 4, 35-41)
Commentaire
L’initiative de Jésus
Ce récit de la tempête apaisée est très coloré à la manière de Marc.
Tout commence à l’initiative de Jésus, il veut passer sur l’autre rive du lac, c’est à dire aller vers une région à dominante païenne.
Mais ensuite, ce sont les disciples qui s’emparent de lui et l’emmènent avec eux au milieu d’autres barques ; il leur laisse le contrôle de la situation.
La tempête
En cours de route une grande bourrasque se déchaîne, mais Jésus reste endormi. Les disciples sont paniqués et ne savent que faire. Ils s’accrochent à Jésus, d’un ton de reproche, comme s’il les avait abandonnés, et qu’ils avaient droit à un geste de lui !
Jésus interprète leur terreur comme un manque de confiance, de foi.
Il commande au vent et à la mer
Alors il commande au vent et à la mer, comme s’il les exorcisait. Comme il avait menacé les démons, il menace le vent et impose le silence à la mer. Il exerce sur les éléments naturels le même type de pouvoir que celui du Créateur.
Cette aptitude de Jésus à se faire obéir du vent et de la mer remplit les disciples de crainte et ils s’interrogent sur son identité, sans pouvoir y répondre.
Jésus agit avec la liberté et la puissance du Dieu de l’Ancien Testament ! Il manifeste ainsi son identité de Fils de Dieu et sa capacité de vaincre les forces de la mort.
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