Colombe, Cannelle et Corne de kohl, les trois dernières filles de Job




William Blake, 1737-1827, Les filles de Job, 1805, Morfan Library, New York

William Blake

William Blake est un poète peintre et graveur britannique de la fin du 18e , début 19e siècle.

Dans ses œuvres, il s’inspire de la Bible, de Milton et des débats religieux et politiques de la fin du 18e siècle en Angleterre.

Le livre de Job

Il réalisa les illustrations du livre de Job, avec une série de 22 gravures en taille douce publiées en 1826. Il avait fait auparavant deux séries d’aquarelles préparatoires. Et en 1800, Blake peint à aquarelle, un tableau représentant Job et ses filles, qu’il a repris dans ses illustrations gravées.

Job et ses trois dernières filles

La scène illustre le dernier chapitre du livre de Job qui a retrouvé sa fortune et sa famille après sa vie remplie de souffrances. Dieu a restauré la fortune de Job qui a de nouveau sept fils et trois filles Elles sont les plus belles filles du pays.

Blake représente Job âgé, barbe et cheveux hirsutes, il est assis au centre, levant les bras vers le ciel. Il est grand, imposant, regard éclairé, fixé au loin.

Le ciel est bordé d’une épaisse bande cotonneuse et est habité de formes diverses : on peut deviner des silhouettes d’anges ailés, de divers personnages et à droite un grande figure âgée et barbue, les bras grand ouverts, le regard tourné vers Job, sans doute évoquant Dieu .

Ses trois filles Jérémia (ce qui veut dire colombe), Kezia (qui veut dire cannelle) , et Kéren-Happuc (qui veut dire, corne de kohl, réputée comme étant la plus belle des trois), l’entourent. Elles ont de longs cheveux blonds, languissantes appuyées sur les genoux de leur père. La troisième, sans doute la plus jeune, est agenouillée à ses pieds, lisant un livre.

Ils sont entourés de troupeaux de nombreux moutons serrés les uns contre les autres, se nourrissant de l’herbe verte du sol.

Deux chiens dorment paisiblement au premier plan.

Le bonheur après les souffrannces

Tout est harmonie, richesse et bonheur.

Cette oeuvre a été réalisée à la plume et à l’encre noire, au lavis et à l’aquarelle. .les formes et les détails sont faits à la plume et Blake introduit des couleurs bleues, violettes et vertes. Ainsi l’atmosphère dégagée est positive et optimiste.


Lecture du Livre de Job (Jb 42, 1-3.5-6.12-17)

Job s’adressa au Seigneur et dit :
« Je sais que tu peux tout
et que nul projet pour toi n’est impossible.
Quel est celui qui déforme tes plans
sans rien y connaître ?
De fait, j’ai parlé, sans les comprendre,
de merveilles hors de ma portée, dont je ne savais rien.
C’est par ouï-dire que je te connaissais,
mais maintenant mes yeux t’ont vu.
C’est pourquoi je me rétracte et me repens
sur la poussière et sur la cendre. »

Le Seigneur bénit la nouvelle situation de Job
plus encore que l’ancienne.
Job posséda quatorze mille moutons et six mille chameaux,
mille paires de bœufs et mille ânesses.
Il eut encore sept fils et trois filles.
Il nomma la première Colombe,
la deuxième Fleur-de-Laurier,
On ne trouvait pas dans tout le pays de femmes aussi belles
que les filles de Job.
et la troisième Ombre-du-regard.
Leur père leur donna une part d’héritage avec leurs frères.
Après cela, Job vécut encore cent quarante ans,
et il vit ses fils et les fils de ses fils :
quatre générations.
Et Job mourut âgé, rassasié de jours.

(Jb 42, 1-3.5-6.12-17)

Commentaire

Le Livre de Job

Nous lisons ces jours-ci le livre de Job : c’est un ouvrage de sagesse qui traite quelques uns des grands questionnements de l’existence humaine. A partir du cas de Job, ce « juste » accablé de malheurs, sont abordés les thèmes du mal et de la souffrance, la fragilité de l’homme, le silence de Dieu.

L’épilogue

Nous abordons aujourd’hui l’épilogue du livre, tout à fait étonnant : le conte se termine trop bien !

Mais en fait tout est plus compliqué.

Job a détaillé tout au long du livre ses malheurs, il n’a cessé d’élever sa plainte et de se dresser contre Dieu, qui semblait l’accabler de malheurs sans jamais reconnaître son innocence. Et voilà que Job est loué par Dieu, bien plus que ses amis qui avaient tenté de prendre la défense de Dieu et le le « justifier » !

Dieu manifeste sa puissance

C’est que Dieu reste hors d’atteinte de tous les raisonnements humains ; Dieu a dévoilé à Job la puissance et la beauté de la Création, sa souveraineté sur le ciel et la terre. Job a découvert un Dieu toujours plus grand , qui veut la vie, et porte attention aux hommes.

Tout cela est déboussolant, et ne correspond en rien à la révolte de Job exprimée tout au long du livre.

Job a-t-il compris la présence de Dieu

Job a-t-il vu Dieu dans toutes ses épreuves, a-t-il vu un Dieu, le Tout-Autre qui répond aux plaintes au-delà de toute attente, un Dieu qui permettrait d’espérer au-delà de toute espérance ?




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