« Fons salutis », l’eau source de vie (Messe papale du 26 septembre 2026)




Paul Serusier 1864 -1927, Femmes à la source, 1899, Musée d’Orsay,

Serusier, peintre Nabi

Ce tableau, représentant une suite de femmes puisant de l’eau à une source, a été conçu pour décorer la salle de billard d’un château appartenant à Georges Lacombe ( 1868 1916, peintre et sculpteur français) dans l’Orne. Il a été acheté par le Musée d’Orsay en 2016

Serusier a donné à ce tableau deux titres, « Femme à la source » et « Les danaïdes » scène mythologique des filles du roi Danaos condamnées à remplir des récipients d’eau perpétuellement.

Paul Sérusier fait partie du mouvement des « Nabis », ce qui signifie « prophète » ou « inspiré de Dieu » en hébreu. Les Nabis ne cherchent pas à transposer exactement la nature et utilisent de nombreux symboles. Ici, les plantes sont rêvées, même si l’on peut identifier des fougères, à la limite entre le ciel et la forêt. De petits traits de pinceaux verticaux viennent figurer l’herbe, ici à peine sauvage.

Ce tableau illustre parfaitement l’esthétique Nabi et l’influence des estampes japonaises , caractérisées par des aplats de couleurs, l’absence de perspective traditionnelle et des contours marqués.

Le cortège des femmes vers la source

Les femmes se suivent en cortège, un long ruban humain, qui semble sans fin, car les derniers personnages visibles émergent de l’arrière du talus, ce qui laisse à penser que d’autres encore pourraient apparaître. Toute l’humanité est appelée à venir s’abreuver à la source der Dieu.

Leurs corps sont stylisés, elles sont vêtues de longues robes mauves aux drapés esquissés.

Dans le lointain, d’autres silhouettes se découpent sur le ciel, comme des ombres chinoises ; s’apprêtent-elles à rejoindre le cortège ou bien veulent-elles rester étrangères à ce mouvement vers la source ? Dieu laisse la liberté à chacun de choisir sa conduite.

La sérénité

L’atmosphère est sereine, seules les ondes qui se propagent à la surface de l’eau, provoquées par la jarre plongée dans la source, troublent le calme de la scène.

Les couleurs sont vives et imaginaires : ressortent vivement les cruches orange vif qui contrastent avec l’herbe peinte d’un vert profond tirant sur le bleu … et le ciel est jaune. Le ciel se reflétant dans l’eau, le tableau semble encadré d’or, ce qui donne une atmosphère divine à la scène.

La composition très allongée en hauteur permet de découper très visiblement les trois parties, le ciel, la terre et l’eau, éléments fondamentaux de la nature.

Des arbres, régulièrement alignés en arrières, ne sont que des ombres se découpant sur le ciel d’or et reprises en reflets sur l’eau. Ne font-ils pas penser à la découpe de vitraux dans les cathédrales ?


Lecture de l’évangile de saint Jean (Jn 7, 37-39a.)

Au jour solennel où se terminait la fête, Jésus, debout, s’écria : « Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive, celui qui croit en moi ! Comme dit l’Écriture : De son cœur couleront des fleuves d’eau vive. » En disant cela, il parlait de l’Esprit Saint qu’allaient recevoir ceux qui croiraient en lui.

Jn 7, 37-39a

Commentaire

La liturgie en l’honneur de la Vierge Marie

Pour la messe de samedi 26 septembre célébrée par le Pape Léon XIV à Paris, la liturgie sera celle de la messe en l’honneur de la Vierge Marie « Fons Salutis » (Fontaine de salut) dont les oraisons manifestent la dimension du thème du voyage papal « Pour que le monde ait la vie »

Ezéchiel et Jean, l’eau source de vie

L’évangile est celui de Jean 7, reprenant le texte d’Ezechiel de la première lecture (Ez 47, 1-2.8-9.12) autour de l’eau, source de vie.

La vision d’Ezechiel décrit une source qui jaillit du Temple, lieu où le Seigneur a promis d’établir sa présence à jamais : cette eau abondante et féconde s’écoulera vers les quatre horizons pour tous les hommes du monde entier.

Jean relit cette prophétie dans le passage que nous lisons.

La fête des Tentes

Le dernier jour de la fête des Tentes (ou Soukkot) qui célèbre les 40 années passées par le Hébreux dans le désert (en 2026, elle se déroule du 25 septembre au 2 octobre !) on venait au Temple demander les pluies d’automne et Jésus appelle ceux qui ont soif à venir à lui et leur offrir la vie en plénitude.

Dans le Proche Orient, l’eau est par excellence le symbole de la vie. L’eau ne coule plus du rocher comme dans le désert à la demande de Moïse (Ex 17,1-17), ni de la source du temple comme dans la vision d’Ezechiel, mais de Jésus lui-même.

L’eau, source de vie

La pleine signification de cette parole n’apparaît qu’après Pâques : l’eau vive coule du flanc de Jésus (Jn 19,34) et se concrétise dans le don de l’Esprit. «  Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous :l’Esprit de vérité, lui que le monde ne peut recevoir, car il ne le voit pas et ne le connaît pas ; vous, vous le connaissez, car il demeure auprès de vous, et il sera en vous.




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