Le roi dieu Assur




Le roi Assur, 1200-1500 av JC, musée Pergamon, Berlin

Assur

Ce bas-relief découvert au fond d’un puits dans la cour du roi Assur dans le temple de la ville d’ Assur.

Assur est la capitale de l’Assyrie jusqu’au début du 9e siècle av JC, située sur la rive occidentale du Tigre. (110 km au sud de Mossoul)

Le principal sanctuaire du pays était le temple du dieu Assur, divinité nationale de l’Assyrie. Les souverains se sont toujours présentés comme les délégués terrestres de ce dieu, véritable souverain du royaume.

Le roi dieu

La partie centrale du relief représente une divinité masculine, vue de face, imposante et puissante.

Le roi-dieu est représenté comme un homme fort et barbu, aux cheveux et à la barbe soigneusement entretenus . Ses vêtements sont richement décorés et il est coiffé d’une tiare.

A ses pieds, deux divinités aquatiques de plus petite taille se tiennent de part et d’autre protègent le monde végétal et animal de la ville

Le dieu tient deux longues branches, dont semblent se nourrir deux chèvres dressées sur leurs pattes arrière.

Cette divinité barbue incarne probablement le dieu Assur, tandis que les déesses protègent le monde végétal et animal de la cité..


Lecture du livre du prophète Isaïe (Is 10, 5-7.13-16)

Ainsi parle le Seigneur :
Malheureux ! Assour, l’instrument de ma colère,
le bâton de mon courroux.
Je l’envoie contre une nation impie,
je lui donne mission contre un peuple qui excite ma fureur,
pour le mettre au pillage et emporter le butin,
pour le piétiner comme la boue des chemins.
Mais Assour ne l’entend pas ainsi,
ce n’est pas du tout ce qu’il pense :
ce qu’il veut, c’est détruire,
exterminer quantité de nations.
Car le roi d’Assour a dit :
« C’est par la vigueur de ma main que j’ai agi,
et par ma sagesse, car j’ai l’intelligence.
J’ai déplacé les frontières des peuples,
j’ai pillé leurs réserves ;
fort entre les forts, j’ai détrôné des puissants.
J’ai mis la main sur les richesses des peuples,
comme sur un nid.
Comme on ramasse des œufs abandonnés,
j’ai ramassé toute la terre,
et il n’y a pas eu un battement d’aile,
pas un bec ouvert,
pas un cri. »
Mais le ciseau se glorifie-t-il
aux dépens de celui qui s’en sert pour tailler ?
La scie va-t-elle s’enfler d’orgueil
aux dépens de celui qui la tient ?
Comme si le bâton faisait mouvoir la main qui le brandit,
comme si c’était le bois qui brandissait l’homme !
le brasier d’un incendie.

(Is 10, 5-7.13-16)

Commentaire

Samarie et Royaume de Juda infidèles

Le livre d’Isaïe annonce une série d’oracles contre Samarie et le royaume de Juda, tous deux rebelles au droit et à la justice, rebelles à Dieu.

Colère et fureur de Dieu sont mentionnées à l’égard de tout le royaume de Juda qui s’égare loin de son Dieu par ses injustices et ses violences, ses refus de la Loi. Le prophète comprend la violence des Assyriens comme des manifestations de la colère de Dieu.

Malheur à Assour

Mais malheur à l’Assyrien qui n’est qu’un outil entre les mains de Dieu.

Assur étale son arrogance et a laissé libre cours à l’ardeur de sa violence, voulant aller jusqu’à écraser Israel. Alors Dieu va le châtier lui aussi.


Le Seigneur lance ses reproches contre l’orgueilleux assyrien qui aurait du rester à sa place.
Le texte se termine avec le verdict de Dieu annonçant la subversion de cet orgueil

Les récits historiques


Les récits historiques que nous lisons ces jours-ci, rappellent que les prophètes d’Israël sont les porte-paroles du Dieu unique, qui recherchent dans leur histoire la volonté de Dieu, et n’hésitent pas à enter dans le débat politique.

Pour nous il semble difficile de comprendre que Dieu se serve d’un empire totalitaire et violent pour punir son peuple qui s’est montré infidèle.
Mais deux réalités demeurent : Le prophète rappelle fermement que l’oppresseur arrogant et brutal, quel qu’il soit, tombera un jour. Et il affirme que Dieu sans relâche son peuple invite à la fidélité, en  tenant bon dans un espérance inébranlable : Dieu sauve toujours son peuple.

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