2 avril : jeudi saint, le lavement des pieds

Aider les plus démunis

Le Pape conclut en priant pour un Carême qui rende «notre oreille plus attentive à Dieu et aux plus démunis» et qui fasse des communautés chrétiennes «des lieux où l’écoute engendre des chemins de libération», contribuant à l’édification de la «civilisation de l’amour».




Chapiteau du cloître de Notre Dame en Vaux, le lavement des pieds, 12e siècle

La collégiale de Notre Dame en Vaux

La collégiale de Notre Dame en Vaux est une collégiale de Chalons en Champagne.

Au nord de l’église se trouve un cloître construit dans les années 1170, puis détruit en 1759 et 1766.

On peut encore admirer les magnifiques restes dans le musée adjacent : des statues colonnes complètes, et des sculptures d’une qualité exceptionnelle, notamment sur les chapiteaux.

Le lavement des pieds

Ce chapiteau illustre l’épisode du lavement des pieds lors du dernier repas de Jésus, dont seul l’évangéliste Jean parle.

On sait de source sûre qu’encore en 1754, chaque jeudi saint, les chanoines de Notre Dame en Vaux baignaient les pieds des pauvres dans le cloître sous le chapiteau du lavement des pieds, rappelant ainsi l’enseignement de Jésus sur l’humilité du serviteur.

Les disciples sont répartis sur les quatre faces du chapiteau.

On voit le Christ se penchant tendrement vers saint Pierre pour lui laver les pieds, son regard est grave, il sait l’enjeu de ce geste. Sa tête est entourée d’une auréole cruciforme.

En face de lui, Pierre avance son pied et le pose non sur une bassine mais sur un calice : le sculpteur souligne ainsi le lien entre le lavement des pieds et l’institution de l’Eucharistie.

Pierre porte une chevelure abondante bouclée, pose sa main sur son front pour marquer sa réticence : il demande au Christ de lui laver non seulement les pieds mais aussi la tête.

Les autres disciples attendent, la tête penchée, recueillis et sérieux


Lecture de l’évangile selon saint Jean ((Jn 13, 1-15)

Avant la fête de la Pâque,
sachant que l’heure était venue pour lui
de passer de ce monde à son Père,
Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde,
les aima jusqu’au bout.

Au cours du repas,
alors que le diable
a déjà mis dans le cœur de Judas, fils de Simon l’Iscariote,
l’intention de le livrer,
Jésus, sachant que le Père a tout remis entre ses mains,
qu’il est sorti de Dieu et qu’il s’en va vers Dieu,
se lève de table, dépose son vêtement,
et prend un linge qu’il se noue à la ceinture ;
puis il verse de l’eau dans un bassin.
Alors il se mit à laver les pieds des disciples
et à les essuyer avec le linge qu’il avait à la ceinture.
Il arrive donc à Simon-Pierre,
qui lui dit :
« C’est toi, Seigneur, qui me laves les pieds ? »
Jésus lui répondit :
« Ce que je veux faire, tu ne le sais pas maintenant ;
plus tard tu comprendras. »
Pierre lui dit :
« Tu ne me laveras pas les pieds ; non, jamais ! »
Jésus lui répondit :
« Si je ne te lave pas,
tu n’auras pas de part avec moi. »
Simon-Pierre
lui dit :
« Alors, Seigneur, pas seulement les pieds,
mais aussi les mains et la tête ! »
Jésus lui dit :
« Quand on vient de prendre un bain,
on n’a pas besoin de se laver, sinon les pieds :
on est pur tout entier.
Vous-mêmes,
vous êtes purs,
mais non pas tous. »
Il savait bien qui allait le livrer ;
et c’est pourquoi il disait :
« Vous n’êtes pas tous purs. »

Quand il leur eut lavé les pieds,
il reprit son vêtement, se remit à table
et leur dit :
« Comprenez-vous
ce que je viens de faire pour vous ?
Vous m’appelez “Maître” et “Seigneur”,
et vous avez raison, car vraiment je le suis.
Si donc moi, le Seigneur et le Maître,
je vous ai lavé les pieds,
vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres.
C’est un exemple que je vous ai donné
afin que vous fassiez, vous aussi,
comme j’ai fait pour vous. »

(Jn 13, 1-15)

Commentaire

Homélie de Jean Chrysostome

« Et s’étant levé de table, et ayant quitté ses vêtements (4) ». Remarquez, mes frères, jusqu’où va l’humilité du divin Sauveur : il ne la borne point à laver les pieds de ses disciples, mais il l’étend aussi à bien d’autres choses ; car, c’est après s’être assis, après que tous s’étaient assis, qu’il se leva de table. Ensuite, non seulement il lava leurs pieds, mais il quitta ses vêtements. Et il ne se contenta pas de cela, mais il mit un linge autour de lui, et ce ne fut pas encore assez pour lui ; il remplit lui-même le bassin d’eau, et ne le donna point à un autre à remplir. Il fait tout lui-même ; en quoi il montre et nous apprend que, quand nous faisons ces petites choses en manière de bonnes œuvres, nous ne les devons point faire négligemment ni par manière d’acquit, mais avec beaucoup de zèle.

[..]

 « Il vint à Simon Pierre ; qui lui dit : « Quoi ! vous me laveriez les pieds (6) ? » Avec ces mêmes mains, dit-il, avec lesquelles vous avez ouvert les yeux des aveugles, vous avez guéri les lépreux, vous avez ressuscité les morts ? Ces paroles ont un grand, sens et une grande force. C’est pourquoi il n’a eu besoin que de ce mot : « Vous », qui seul exprime et signifie tout.

Jean Chrysostome, (344/349-407), Homélie sur le lavement des pieds Homélie LXX

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